Hommage à Momo (121)

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  • Le lundi, 25 Avril 2016
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On a perdu un ami, c’est compliqué à gérer. Il y a tout qui va me manquer : nos fous rires, nos moqueries réciproques, nos engueulades. Bref, tout ce qu’on vit avec des amis. » La voix chargée d’émotion, Difool a réagi ce lundi matin au décès de Mohamed Sayah, alias Momo, qui a succombé samedi à une tumeur du cervelet, à l’âge de 31 ans.

« Ces derniers temps, il n’allait pas bien, mais il nous disait : "Il ne faut pas m’oublier", dans le sens "Je vais revenir plus fort". Il a été courageux », confie à 20 Minutes l’animateur de Radio Libre qui garde un souvenir vivace de son premier contact avec ce passionné de football. C’était en 1999. « Il avait 14 ans. Il nous a appelés parce qu’il voulait nous faire vivre les matchs. Et il le faisait avec toute sa subjectivité », s’amuse Difool. Les interventions de Momo sur les ondes de Skyrock sont devenues régulières si bien qu’en 2001, ce fan absolu du Paris Saint-Germain a intégré la bande de la radio rap, tout en gagnant le surnom de Momo Saccomano.

« Un grand nounours »

C’est en tant qu’auditeur que le journaliste sportif Mathieu Faure a fait sa connaissance, avant de devenir son ami. « On avait quasiment le même âge », explique-t-il, en décrivant son « pote » comme « un grand nounours ». « C’était un bonbon en chocolat. Il faisait deux mètres, tu avais envie de te blottir entre ses bras », poursuit la plume de So Foot.

Sa taille et sa pointure – un 50 – pouvaient impressionner, mais ceux qui l’ont côtoyé ont surtout remarqué son grand cœur sur la main. Celui qui n’était pas ménagé par les soucis de santé avait l’habitude de rendre visite aux enfants malades et de leur offrir des goodies, des jeux, des maillots. Momo est « le roi des gentils », écrit sur Twitter Priska, une animatrice de Skyrock, qui le qualifie aussi de « putain de force de la nature » et de « roc ».

« Un soldat de la gentillesse »

Car, plus que tout, il inspirait le respect. « Je n’ai jamais entendu quelqu’un dire du mal de lui. Même au Parc [des Princes], où ce n’est pas toujours évident », poursuit Mathieu Faure. Entre 2006 et 2011, Momo parcourait le stade parisien en officiant comme photographe des Supras Auteuil. « Il aimait le PSG plus que tout », insiste le journaliste qui raconte comment il n’a jamais cessé de suivre son équipe de cœur même lorsque les médecins lui conseillaient d’observer du repos. « Il est parti, entouré d’amour, le soir où Paris à une nouvelle fois remporté la Coupe de la Ligue. » Comme un triste clin d’œil du destin.

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Le cancer a fait irruption dans la vie de Momo en 2008. « Même quand il était malade, il ne se plaignait jamais sinon de trucs cons, comme les résultats du club. Une victoire de Paris en Coupe de France donnait l’impression de pouvoir le guérir. C’était un soldat de la gentillesse. Il était d’une dignité incroyable, là où d’autres auraient été aigris ou se seraient renfermés sur eux-mêmes. Lui, il savait que ça allait se terminer, mais il continuait d’avancer », salue Mathieu Faure.

Ce lundi soir, Radio Libre, l’émission de Skyrock dans laquelle il officiait, lui rendra évidemment hommage. « C’est dommage qu’il ne l’ait pas eu avant de partir, déplore Difool. On va essayer de ne pas faire une émission triste. J’ai envie qu’on soit nous-mêmes, qu’on vive ce moment, et puis, si on doit pleurer, on pleurera. » La famille de Momo a donné son accord pour que les jingles auxquels il a participé continuent d’être diffusés. Sa voix survivra sur les ondes.

Fabien Randanne - Source 20 Minutes


 

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