Virus d'enfer - (8F - 4H)

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Pièce de Théâtre - (comédie satyrique)

Durée approximative : 62 minutes

 

En un Acte  - (19 scènes) 

Douze personnages - huit femmes -  quatre hommes (interchangeables)

 

Douze personnes, qui ne s'en sont pas encore aperçu, se retrouvent au purgatoire. Les différentes personnalités s'affrontent jusqu'à la décision de leur destination finale qui sera le paradis ou l'enfer.

 

Clin d’oeil sur le virus de la grippe H1N1 traité par l’humour, après nous avoir fait vivre de longs mois d’angoisse et de dérision. Déjantée ? Sûrement ! Déplacée ? Peut-être ! Mais le parti d’en rire n’est-il pas l’un des meilleurs remèdes pour affronter la mort devant qui personne ne peut lutter. 

 

 

EXTRAITS

 

SCENE UNE

Arrivée  d’Hector, Haby, Estelle et Enzo

 Estelle – Ça fait des heures qu’on attend, et il ne se passe rien.

 Enzo – Le jardin a beau être joli et extrêmement bien fleuri, on en a vite fait le tour.

Hector (tient toujours un carnet dans la main et prend souvent des notes) – C’est curieux comme endroit.

 Haby – Le temps semble s’être arrêté.

 Estelle – On est bien ici, la quiétude tranche véritablement avec le brouhaha de la ville.

 Haby – Un peu trop calme à mon goût.

 Hector – Tant qu’il y a des femmes et de la bière, moi, ça me va.

 Enzo – Vous entendez ce léger ronronnement ?

 Estelle – Je vais peut-être rester me reposer quelques jours, ça me fera le plus grand bien.

 Enzo – Ce n’est pas très étendu mais c’est un beau domaine.

 Haby – Vous savez à qui ça appartient ?

 hctor – Non. Et on s’en balance.

 Arrivée de Val

 Val – Hé les amis ! Vous connaissez la nouvelle ? 

Hector – Ce n’est pas encore une blonde j’espère ? 

Haby – Tu sais ce qu’elles te disent les blondes ? 

Hector – Toi tu es quasiment blanche maintenant, ça ne compte plus. Et puis, tu as caché la misère. 

Haby – Je vais t’envoyer un marron tu vas voir si je compte pour des prunes. Tu vois des cheveux blancs là ? 

Hector – Non, parce qu’ils sont recyclés. 

Val – Ecoutez ça, le directeur ne pourra pas nous recevoir car il a chopé un virus, ben ça alors quelle tuile pour nous ! 

Enzo – Surtout pour lui. 

Estelle – Avec tout ce qu’on mange, ce qu’on boit et ce qu’on respire, ça ne m’étonne qu’à moitié. 

Hector – Tu me fais marrer avec ton expression, tu ne peux être qu’à moitié étonné puisque tu n’as qu’une moitié de cerveau. 

Estelle – Mais j’ai toutes mes dents moi, et je pourrais bien les mettre dans autre chose que la nourriture comestible, si tu vois c’ que j’ veux dire. 

Hector – Oui je vois très bien, trempées dans un verre. 

Estelle – Oh et puis non, j’aurais trop peur de m’empoisonner. 

Haby –Il n’empêche, pour nous ce n’est pas drôle, il va falloir sûrement revenir pour un autre rendez-vous, ces directeurs il faut se les faire hein ! 

Hector  – Pourquoi, tu t’en es déjà payé un ? 

Haby –Et alors, quand bien même ! 

Val – Je n’y crois toujours pas, je ne sais pas qui va le remplacer mais ce que j’espère c’est qu’ils ne vont pas aller chercher l’autre folle excitée qui figure sur les articles exposés dans le hall d’entrée. 

Haby – Félicité Wagner ? 

Val – Oui, celle-là même ! 

Haby – Nous n’avons trouvé rien de bon sur elle. 

Enzo – Vous la connaissez ? 

Estelle – Il semble que oui et que ça ne leur fait pas plaisir ! 

Haby – Pas personnellement, mais on a lu tellement de choses affreuses, ça fait frémir. Je ne sais pas pourquoi il y a tous ces témoignages d’affichés sur un immense tableau, c’est écrit à la main mais on ne sait pas par qui, ce sont des messages anonymes. 

Hector – Hé les gars, pour nous nouvelle femme, peut-être nouvelle conquête ? 

Enzo – Comme ça, ça t’en fera au moins une dans ta vie hein, tête de hareng. 

Hector – Prends ta gondole et rejoins tes eaux troubles maquereau. 

Haby – Oh les piranhas c’est fini oui ? 

Estelle – Qu’a-t-elle de particulier cette femme pour que vous soyez aussi retournées toutes les deux ? 

Val – D’après les nombreux témoignages c’est un monstre. 

Haby – Un dictateur. 

Val – C’est une vieille fille. 

Haby – Elle sait tout sur tout le monde, elle passerait son temps à épier nos moindres faits et gestes. 

Val – Elle est sévère et austère, elle est froide et sans pitié. 

Haby – C’est un serpent, c’est ce qui est écrit !  

Enzo – Vous êtes sûres de ne pas parler de vous là ? 

Estelle – J’aime bien les serpents moi. 

Haby – Celui-là est venimeux j’en suis sûre.

Estelle – Vous savez tout sur elle, comme ça vous ne serez pas surprises. 

Enzo – Ça ne fera jamais qu’une vipère de plus. 

Estelle – Ça ne changera rien pour nous. 

Haby – Oh ça ! Elle a l’air virulent, c’est un virus. 

Enzo – Avec toutes ces qualités, pas de doute, elle est faite pour Hector.  

Hector – Une femme à la tête ! Pourquoi pas une femme Président de la République pendant qu’on y est ? J’ te jure ! Qu’elle vienne se frotter va ! Comment je vais la mater moi celle-là ! 

Estelle – Oui ! Comme toutes les autres, avec ton regard en coin. 

 

SCENE DEUX 

Arrivée de Lisette, Alice et Perette

 Lisette – Alors Hector, on t’entend de dehors, encore en train de râler contre les femmes, qu’est-ce qu’elles ont bien pu te faire pour te mettre dans un état pareil ? 

Estelle – C’est vrai ça, tu serais un brin misogyne que ça ne m’étonnerait pas. 

Hector – Elles existent. 

Alice – Heureusement pour toi, sinon tu ne serais pas de ce monde. 

Hector – Elles sont synonymes d’ennuis. 

Perette – C’est ce qu’on ressent nous aussi quand on est avec toi.

Estelle – Je suis sûre au fond de moi que tu n’es pas la personne que tu prétends être. 

Hector – Tu crois ça ? 

Estelle – Oui ! Je ne sais pas, j’ai l’impression que tu joues un rôle. 

Hector – Mais on joue tous un rôle. 

Estelle – Soit tu as terriblement souffert dans ta vie et tu règles tes comptes, soit tu caches bien ton jeu et tu t’amuses à nos dépends. 

Hector – C’est le moment pour moi de prendre un joker. 

Haby – Et ce carnet qui ne te quitte jamais, il te sert à quoi ? C’est pour un sondage ? 

Alice – C’est un journaliste. 

Estelle – Ou un espion du gouvernement. 

Perette – Un recruteur pour l’armée peut-être ? 

Val – On va passer à la télé ? 

Hector – N’insistez pas. 

Haby – On gagne quoi, un voyage ? 

Alice – Un abonnement à macho magazine ? 

Hector – Lâchez-moi ! 

Estelle – Ecrivain ? Avec son air glauque ça pourrait être ça ! 

Perette – Si j’étais méchante je dirais, pornographe. 

Hector – Allez ! Femmes cruelles, vénales et dénuées d’intérêts intellectuels et physiques, retournez aux fourneaux, au moins vous y serez utiles. 

Alice – C’est ça, et on t’appellera quand on voudra d’ l’andouille.  

Hector – Plus je vous côtoie et plus j’ai envie d’adopter la méthode Landru. 

Perette – C’est à dire ! 

Alice – C’est vrai ça, c’est quoi la méthode Landru ? 

Hector – Le bellâtre, il était pour la femme au foyer.  

Lisette – Oh c’est d’une élégance ! 

Perette – Tu n’es qu’un abject personnage Hector, que le diable t’emporte.

 Val – Même le diable n’en veut pas, il aurait trop peur de se faire détrôner. 

Lisette – Tu es vraiment une peau de vache ? 

Perette – Mais ce que tu peux être méchant toi alors ! 

Alice – Je pense que chez lui il doit s’écraser. 

Val – Tu crois qu’une femme peut supporter ça ? 

Haby – Qui te dit que c’est une femme ? 

Lisette – C’est bien vrai ça Hector, tu es quoi, plutôt Roméo et Juliette ou la cage aux folles ? 

Hector vexé voudrait sortir discrètement. 

Perette – Et où tu vas comme ça en douce ? 

Estelle – Tu te dérobes, tu as peur. 

Enzo – Le diable semble avoir le feu quelque part. 

Alice – Tu te faufiles faux frère, tu fuis. 

Hector – Non mais, puisque je suis une peau de vache, ailleurs je me meus.   

Silence 

Enzo –Tu l’as mangé l’herbe ou tu l’as fumée ? 

Val – Je me meus ? Ah ! Tu te meus ! 

Hector – Oui ! Je me meus. 

Hector sort 

Val – D’accord ! Il se … (Haby, Enzo, Estelle, Lisette, Alice, Perette) (en chœur) meuhhhhhhhh !  

Perette – Bon. Y a rien à manger dans cette taule, j’ai fais un tour à la cafete et je n’ai rien trouvé à me mettre sous la dent. 

Enzo – Moi les convocations ça me coupe net l’appétit. 

Alice – C’est comme pour un examen, dès qu’il y a un enjeu, je perds mes moyens. 

Lisette – On ne se connaît que depuis quelques heures et pourtant on dirait que ça fait un siècle qu’on se supporte. 

Haby – C’est sûr que de t’avoir sur le dos, le temps paraît bien long. 

Val – C’est quoi l’enjeu ici ? 

Alice – Juste une formalité  je pense. 

Estelle – Oui ben, il faudrait qu’ils accélèrent un peu le mouvement parce que je n’ai pas que ça à faire. 

Enzo – Moi ça ne me gêne pas de manquer une journée de travail. 

Haby – Moi ça ne m’arrange pas, j’ai des clients qui vont m’attendre. 

Lisette – Une journée de repos, c’est toujours bon à prendre. 

Haby – Oui mais, pas de boulot pas de pognon et pas de pognon… 

Enzo – T’inquiète, ça ne devrait pas durer longtemps et puis, c’est une façon comme une autre de tuer le temps. 

  

SCENE TROIS 

Tous sortent excepté Lisette, Alice, Perette et Enzo   

Lisette – Tu as vu, on a réussi à lui clouer le bec à l’aristo. 

Perette – De qui parles-tu ? 

Lisette – D’Hector, qui d’autre ? 

Perette – Pourquoi l’appelles-tu comme ça ? 

Lisette – Il y a de la noblesse dans sa famille. 

Perette – Ah oui ? 

Alice – C’est le dernier de la descendance je crois bien, son nom s’éteindra avec lui.  

Perette – Il est précieux alors, il faut peut-être le ménager. 

Lisette – Ce n’est pas la peine, son grand-oncle était Duc. 

Perette – Ben lui tu vois ça serait plutôt un trou Duc ! 

Lisette – Mais il a été banni par les siens, déshonoré et désargenté, quant à Hector il n’est rien du tout. 

Alice – Il a baissé dans la hiérarchie, le pauvre. 

Lisette – Oui, si j’étais méchante, je dirai que c’est un Duc laissé pour Comte. 

Elles rient 

Enzo – Quoiqu’il en soit je reste scotché, car rares sont ceux qui collent Hector. 

Perette – Enzo, tu peux venir avec moi dans le hall je voudrais te montrer quelque chose ? 

Enzo – Bien sûr ! Je te suis. 

Perette et Enzo sortent 

Lisette – Oh la la ! Tu crois qu’il se passe quelque chose entre eux ?

Alice – Non ! Tu vois des couples se former partout ma parole ! 

Lisette – Oui et alors tu crois qu’ils se gênent ! 

Alice – J’espère que non après tout, ils ont bien raison… bon… n’empêche que… ce n’est pas à moi que ça arriverait… 

Lisette – Mais, je te croyais mariée ! 

Alice – Oui, je le suis. 

Lisette – Oui ben ça, j’ comprends ! 

Alice – Ça n’empêche pas de regarder ailleurs. 

Lisette – Ah bon ! 

Alice – Y a pas de mal à se faire du bien, comme on dit. 

Lisette – Moi, je reste plutôt sur ma faim. Je vois tellement de mecs défilés que j’en arrive à ne plus rien désirer. 

Alice – À force de choisir le menu, de temps en temps on prend  la carte. 

Lisette – Ouais. Moi je reste fidèle au sandwiche. 

Alice – J’en connais qui s’en contenterais. Le principal c’est quand même de manger tous les jours.

Lisette – Alors là tu vois, moi je suis plus habitué au jeûne. 

Alice – Quoi qu’un vieux de temps en temps ! 

Lisette – On est bien plus tranquille sans homme ma pauvre, laisse tomber. 

Alice – Quand même. Il est pas mal Enzo, mais elle, elle n’est pas terrible par rapport à lui, ils ne vont vraiment pas ensemble. 

Lisette – Ah ! Toi aussi tu as remarqué hein ! Surtout ses jambes, on dirait des poteaux. 

Alice – C’est moche les poteaux hein ! 

Lisette – Oui, si j’étais méchante, je dirai que c’est Perette et les poteaux laids.

Rient comme des folles 

Alice – Heureusement, on n’est pas méchante. 

Lisette – Non, nous n’avons pas ce défaut là. 

Alice – Ce n’est pas comme Val… et Haby.  

Lisette – Et Hector. Bon, c’est pas tout ça ma grande hein, je vais aller faire un peu d’exercice, j’ai pas envie que mes jambes deviennent comme celles de Perette. 

Elles rient de nouveau, sottement 

Alice – Pareil pour moi, je ne voudrais pas que mes bras ressemblent aux mollets d’Hector. 

Lisette – T’as raison. Dis-moi, elle date de quand ta dernière épilation ? 

Alice inquiète – Pourquoi ? Ça a repoussé ? 

Lisette – Non… c’est juste que… je n’ vois plus ta montre. 

Alice – Tu me fais marcher là ? 

Lisette – Devine ! 

Alice souffle sur son poignet – Si… regarde !

 Lisette se dirige vers la sortie suivie d’Alice – Mais où ils sont tous ? 

Alice se retournant sur Lisette – Alors là, sûrement en train de dire du mal de nous.

 

SCENE QUATRE 

Arrivée de Perette et d’Enzo 

Enzo –Perette, c’est ça ? 

Perette – Oui et toi c’est Enzo je crois.

 Enzo – Tout juste. 

Perette – C’est un prénom qui sent le soleil. 

Enzo – Oui, il paraît. C’est curieux comme endroit, je me demande vraiment ce qu’on fait là. 

Perette –Je ne sais pas. Tu crois au destin ? 

Enzo – Je pense que rien n’arrive par hasard. 

Perette – C’est vrai pour les bonnes choses mais pour les autres, celles qui font mal, pourquoi nous choisit-il ? 

Enzo – Chacun se dit « pourquoi c’est sur moi que ça tombe ». C’est sûr que pour le bonheur on ne se pose pas la question. On prend, et on savoure.

Perette – Tu sais ce que c’est toi ? 

Enzo – Quoi, le bonheur ? 

Perette – Oui ! Tu l’as déjà goûté ? 

Enzo – Oui mais, il m’a surtout dégoûté. 

Perette – Comment le bonheur peut-il arriver à cette extrémité ? 

Enzo – Trop éphémère, trop fragile, un rien suffit pour qu’il s’envole à tout jamais. On n’a à peine le temps de s’y habituer qu’il s’enfuit avec le vent. 

Perette – Mais aussi un rien suffit pour qu’il envahisse notre cœur. 

Enzo – On prie pour être heureux et quand ça arrive on a tellement peur que tout s’arrête, qu’on ne vit pas ces instants comme on le devrait. 

Perette – Peut-être n’as-tu pas trouvé la personne qui te convient ?  

Enzo – Et si c’était le cas aujourd’hui, ça serait trop tard. 

Perette – Pourquoi trop tard ? Il est toujours temps de commencer une histoire d’amour. 

Enzo – Certains événements laissent des traces. 

Perette – Tu n’es pas trop marqué je trouve ! 

Enzo – Les cicatrices sont à l’intérieur, là où c’est le plus douloureux et long à guérir. 

Perette – Tu ne fais plus confiance peut-être ! 

Enzo – Je crois avoir passé ce cap. 

Perette – Alors, tout espoir n’est pas perdu. 

Enzo – On dirait que ça te fait plaisir ! 

Perette – Bien sûr, je ne suis pas indifférente à ton charme. Que tu ne nous mettes pas toutes dans le même sac, je trouve ça plutôt romantique. 

Enzo – Tu serais partante pour faire un bout de chemin avec moi ? 

Perette – Si on conduit tous les deux, faut voir ! 

Enzo – Qu’entends-tu par là ? 

Perette – Les méditerranéens ont tendance à garder les rênes non ! 

Enzo – Je pense qu’avant tout, ça dépend de la monture. 

Perette – Je n’aurais pas osé l’exprimer de la sorte, mais ça a l’avantage d’être clair. 

Enzo – C’est vrai je le reconnais, on a le sang chaud, c’est souvent lui qui guide nos actes. 

Perette – Sans réfléchir bien évidemment ! 

Enzo – Dans le passé, rares ont été les cas où le sang chaud pensa. Où dans les moulins. Avant ! 

Perette – Penses-tu alors avoir ta chance avec moi ?

Enzo – Ça vaut le coup d’essayer non !  

Perette – Alors chassons nos craintes et vivons-les ces moments privilégiés, parce qu’on ne sait pas le temps qu’il nous reste pour en profiter. 

Enzo – Tu veux bien les partager avec moi ? 

Perette – Je ne demande un peu que ça tu vois ! 

Enzo – Mes origines ne te posent aucun problème j’imagine! 

Perette – Je ne vois pas en quoi ça me gênerait. 

Enzo parlé ou chanté – Je suis rital et je le reste et dans le verbe et dans le geste. 

Perette le prend par le bras – Si on allait faire un tour ! 

Enzo – Tu connais la chanson ? 

Perette – Oui mais, je préfère… je t’aime à l’italienne 

 

 SCENE CINQ 

Arrivée de Christian et Jean-René  

Christian – Hé Jean-René, tu as vu elle est arrivée hein ! 

Jean-René – Ça ne va pas faire plaisir à tout le monde je pense. 

Christian – C’était prévisible. 

Jean-René – Mais on espère toujours qu’on sera épargné. 

Christian – Oui bien sûr, c’est humain comme réaction. Il va falloir prendre des précautions. 

Jean-René – Ah bon, elle est aussi dangereuse que ça ? 

Christian – Certains d’entre nous pourraient y laisser la vie. 

Jean-René – À ce point ? 

Christian – Hé J.R. tu vis sur quelle planète toi ? Tu n’en as pas entendu parlé par les médias ? 

Jean-René – Elle a vraiment aussi mauvaise réputation ? 

Christian – Ben oui, elle s’attaque d’abord aux plus fragiles et aux plus faibles. 

Jean-René – Oh la garce, pas étonnant que tout le monde en ai peur. 

Christian – Avec elle tu peux rester au lit plusieurs jours de suite. 

Jean-René – Ah bon parce qu’elle t’oblige à coucher ? C’est une vraie perverse alors ?  

Christian – Ouais, et elle se répand rapidement. 

Jean-René – Ah la gaaaarce ! 

Christian – Tu l’as dit bout de chique. 

Jean-René – On pourrait lui tordre le cou ! 

Christian – D’autres ont essayé avant nous, mais sans grand succès. 

Jean-René – Et des médicaments, ouais ça serait bien ça, on pourrait essayer des médicaments pour la… Fait le geste couper la gorge. 

Christian – Ou se servir de Tamiflu. 

Jean-René – Qui c’est celle-là ? 

Christian – Ben, pour combattre la grippe A. 

Jean-René – L’Agrippa ! D’Aubigné ? 

Christian – D’où ça ? Mais de quoi tu parles ? 

Jean-René – Ben du virus qui va débarquer, de Félicité Wagner. 

Christian – Et moi je parle du virus H1N1 andouille. 

Jean-René – Ah ! Il s’appelle comme ça maintenant ! 

Christian – Mon pauvre J.R. t’as pas inventé Dallas toi hein ! 

Jean-René – Bon ben on fait quoi alors ? 

Christian – On va essayer de la neutraliser. 

Jean-René – Qui la grippe ? 

Christian – Non ? Félicité Wagner. 

Se dirigent vers la sortie Jean-René – Et y a un vaccin pour ça… 

Jean-René – Contre Félicité Wagner ? 

Christian – Non, la grippe. 

Jean-René – Et elle est comment ? 

Christian – Virulente. 

Jean-René – La grippe ? 

Christian – Mais non, Félicité. 

Jean-René – Moi j’aime bien, quand ça te prend aux tripes, ça t’irradie le corps jusqu’au frisson final. 

Christian – Tu es fiévreux ? 

Jean-René – Ouiiiii ! Elle est envoûtante et superbe.  

Christian – La grippe ? 

Jean-René – Mieux. La musique de Wagner. C’est une félicité.

 

SCENE SIX 

Val arrive seule 

Val – Vous êtes là ?  C’est tout moi ça, je perds tout, les gens, les objets, mais surtout la tête. Oh ! Ce monde m’a rendu folle. Alors… comment je m’appelle ?... oui je sais… Val, c’est bien. C’est l’heure de mon cachet mais après, qu’est-ce qu’il faut que je fasse ? Met le cachet dans sa bouche. 

Jean-René – Ah ! Val ! dit J.R. en entrant. 

Val – Ça va, j’ suis pas complètement sénile non plus, je perds un peu la boule, certes, mais je ne suis pas stupide. 

Jean-René – Pardon ? 

Val – C’est bon, je te pardonne, mais ne recommence pas espèce de taquin. 

Jean-René – Heu ! Oui ! Tu sais où sont les autres ? 

Val – Tu parles de qui ? 

Sortie de J.R. en faisant signe au revoir de la main. Jean-René – Ne t’inquiète pas, je vais bien les retrouver. 

Arrivée d’Estelle et de Christian 

Estelle – Ah ! Val ! 

Val – Encore ! C’est fait depuis longtemps ! 

Estelle – Je te cherchais, on nous a demandé d’être présents dans cinq minutes… ça va Val ? 

Val – Oui pourquoi ? 

Christian – Tu as un teint de papier mâché. 

Val – J’ai des symptômes un peu bizarres par moment mais ça passe vite. 

Christian – Et comment ça se traduit ? 

Val – Tu le veux en quelle langue ? 

Christian – La mienne. 

Val – Tire-la.

Christian tire la langue– Aaaaah ! 

Val – Pouah ! C’est bien ce que je pensais. 

Christian – C’est grave docteur ? 

Val – On en meurt mais ça n’a pas de suite. Tiens Christian tu es là,c’est gentil de me rendre visite. Tu viens pour m’épouser ? 

Estelle – Où j’ suis tombé là ? Ça va vous deux ? Hou hou ! C’est moi, Estelle, vous me reconnaissez ? 

Val – Estelle, je ne me rappelle pas t’avoir invitée à mon mariage. 

Estelle – Tout va mieux on dirait, et si vous veniez avec moi à la cafete, je vous offre un café, bien fort. Expresso ? 

Christian – What else ? 

Val – Ah, ça y est, ça va beaucoup mieux. Le simple fait de penser au café me revigore. J’arrive, mais avant j’ai une petite formalité.

 Elle s’approche de Christian

Arrivée de Perette 

 Val – Je suis désolée pour toi mais, tu n’es vraiment pas mon mec.  

Christian – Tant mieux tu sais, tu n’es vraiment pas ma gonzesse. 

Val – Macho ! 

Christian – Greluche ! 

Val – T’es même pas beau ! 

Christian – Même pas mal ! 

Val – Ah ça ! Vu tes manières,  je m’ disais aussi ! 

Estelle – Allez, venez ! C’est dommage quand même, je trouve que vous étiez fait pour vous entendre. À Perette : c’est ça l’amour !

 Val, Estelle  et Christian sortent 

(Interlude) 

Perette – J’ai lu quelque chose à propos de l’amour.

(Soit lu) sort une feuille de sa poche. (Soit récité)

 L’amour. C’est être dans les bras de son amour et se laisser aller de tout son être, de tout son corps et de tout son cœur, c’est offrir un geste tendre, c’est offrir un sourire comme on offre une rose, c’est parler à son amour d’amour, lui dire qu’on l’aime et lui prouver chaque instant de sa vie. L’amour est un art, sans tricher, l’art de donner et recevoir sans compter, sans fausse pudeur ni fausses pensées.

            L’amour, ce sont les corps usés, toujours autant aimés, qui viennent se coller l’un contre l’autre pour se réchauffer, pour se soutenir, heureux de pouvoir encore le faire et constater qu’ils demeurent unis, que seule l’enveloppe charnelle a souffert mais que l’âme est restée intacte, comme au premier jour, bien mieux qu’au premier jour. L’espoir étant de rester à jamais en amour, car c’est ce que la vie nous offre de plus beau.       

 Perette sort

 

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Commentaires (1)

HUGUES MICHELE
  • 1. HUGUES MICHELE | samedi, 29 Septembre 2012
Bonjour

Comment cela se passe pour recevoir des pièces de théatre?Rendez vous fantome ou du genre "à sensation
Merci d'Avance
Cordialement M.HUGUES

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Date de dernière mise à jour : samedi, 16 Juin 2018

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