Les dessous de l'Amour VP 3F2H

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Extrait : Version Prosaïque

Pièce pour le théâtre

En quatre Actes

 

Cinq personnages

3 femmes – Marie (la mère) – Betty (la fille) – Sophie (petite amie d’Antoine)

2 hommes – Hugo (le père)Antoine (le fils) 

 

Hugo est un père de famille volontaire et intransigeant.

 Bosseur invétéré, il passe la majeure partie de son temps au travail, négligeant ainsi sa vie de famille.

Entre Antoine, son fils, et lui, les rapports sont tendus. Marie la mère, essaie tant bien que mal de calmer le jeu en essayant de ne brusquer personne mais se heurte à leur personnalité aux tendances narcissiques, sur fond de jalousie.

Betty la fille, tente de rester objective tout en ayant des idées bien arrêtées sur la situation.

Tout bascule quand Antoine leur présente Sophie, sa petite amie, qui va bien malgré elle modifier le cours de la vie de toute la famille.

 

Durée approximative : 60 minutes


 

ACTE I – SCENE PREMIERE – Hugo, Antoine, Marie, Betty.

 

(Antoine et Hugo sont sur scène)

HUGO           

Ouah mon fils ! Mais que t’arrive-t’il ? On dirait bien que c’est jour de fête ma parole, tu es tout frais lavé, rasé de près, tu sembles être dispo jusque dans les globules, aurais-tu un rencard, irais-tu à la messe ?

ANTOINE    

Tu veux vraiment le savoir ? Fais-moi un SMS. Ainsi j’aurais peut-être une chance d’avoir un appel de toi. Et puis c’est quoi toutes ces questions, tu peux me dire que me vaut cet intérêt soudain ?

HUGO           

Je ne sais pas, peut-être une intuition.

(s’approche de lui et le sent) Tu mets quoi comme parfum ?

ANTOINE    

Pourquoi tu me poses cette question, je ne sens pas bon, c’est ce que tu veux dire ?

HUGO           

            Mais non je t’assure rien de tout ça, tu sens vraiment très bon, c’est juste que nous sommes habitués à te voir en guenilles, je me disais juste qu’il y a quelque chose là-dessous, certainement une femme.

ANTOINE    

Et même si c’était vrai qu’est-ce que ça peut bien te faire ? Ne te mêles pas de mes affaires, tu sais pertinemment que je n’aime pas ça du tout.

HUGO           

Je ne veux pas m’immiscer dans ta vie, mais tu as l’air heureux et ça me réconforte de te voir ainsi, c’est tout. Tu es d’un naturel peu jovial et plutôt effacé, alors ça me comble de joie de te voir détendu.

ANTOINE    

            Que t’arrive-t-il papa ? Moi ce qui m’étonne c’est de te voir aux petits soins pour moi, à jouer les gentils, alors que la plupart du temps tu m’oublies, tu m’ignores, je m’interroge sur ce soudain virement de situation ?

HUGO           

            Alors là je ne comprends pas pourquoi tu me dis ça, c’est tout à fait injuste.

ANTOINE    

            Allez, encore une fois tu ne penses qu’à toi.

HUGO           

            Et depuis tout à l’heure que suis-je en train de faire ?

ANTOINE    

            Je vois mon cher papa que tu essaies de me plaire, j’ignore encore pourquoi.

HUGO           

            Où est le mal que de vouloir t’apporter mon soutien ? Ce n’est que mon devoir.

ANTOINE    

            Oui papa, ton devoir, mais là tu vois tu te réveilles un peu tard, d’ailleurs je n’ai jamais reçu le moindre appui de ta part.

HUGO           

Comment peux-tu dire ça ! Je suis le chef de cette famille, et si vous menez une vie bien tranquille j’en suis le responsable.

ANTOINE    

Oui c’est ça, bien tranquille. Mais sais-tu quelles sont les incidences qu’ont eues sur moi tes absences, et tes manques. Si élever un enfant se résume à brimer, à vexer, alors je te t’assure que tu m’as bien éduqué.

HUGO           

Toi tu parles de brimades mais moi que devrais-je dire alors ? J’ai tout supporté, même le pire, pour vous être agréable, à tous.

ANTOINE    

Et voilà ! Et c’est encore sur toi que se pose la lumière, tu tournes décidément tout à ton avantage, j’aurais dû m’en douter, c’est comme d’habitude.

HUGO           

Bon, puisque c’est ainsi je préfère m’en aller.

ANTOINE    

De toute façon tu ne connais que la fuite, tu as tellement donné !

HUGO           

Tes propos sont indignes, un fils se doit d’avoir du respect pour son père, c’est son premier devoir.

ANTOINE    

(Silence)

Bien sûr que je te dois le respect, mais seulement si toi tu respectes également la personne que je suis.

HUGO           

Tu sais au départ je voulais juste te dire que j’aimais bien ta tenue, aussi je m’en vais puisque tu prends la mouche !

 (Arrivée de Marie)

MARIE          

Eh bien que se passe-t-il ici, c’est la révolution ? Je suis sûre qu’on vous entend de Maubeuge à Toulon.

HUGO           

Nous avons ton fils et moi une divergence de vue.

MARIE          

Oui, c’est ce que j’ai cru comprendre, (à Antoine) eh bien dis-donc mon chéri, très sympathique ta tenue !

HUGO                       

C’est exactement ce que je lui disais mais il l’a très mal pris.

ANTOINE    

            Bien sûr que je l’ai mal pris et tu sais très bien pourquoi.

MARIE          

            Non mais tous les deux ce n’est pas bientôt fini !

HUGO           

Merci Marie, je vois encore une fois que tu prends sa défense.

MARIE          

Mais non pas du tout, je ne prends pas parti, je demande un tant soit peu de décence, c’est possible ?

HUGO           

Alors tu devrais condamner les propos délétères que vient d’avoir ton fils à mon égard.

ANTOINE    

Comment ça délétères ! Mais à aucun moment je ne t’ai insulté il me semble, à moins que dire la vérité ne devienne une insulte.

HUGO           

Je suis vraiment meurtri par ton comportement, je suis dépité quand je vois toute cette haine et quand j’entends tes affreux mensonges.

MARIE          

Attend Hugo, je peux savoir ce que tu reproches à Antoine de si grave ?

HUGO           

Ce n’est qu’un mauvais fils qui se prend pour un brave.

MARIE          

Mais je n’ai pas entendu de mots suffisamment grossiers dans sa bouche qui puissent ainsi te braquer.

HUGO           

Il a osé défier ma paternelle sacrée autorité, et ça tu vois, c’est parfaitement immoral, et c’est inacceptable.

ANTOINE                

C’est donc ça ! Tu me considères comme un irresponsable, mais toi-même mon cher père es-tu un homme parfaitement irréprochable ?

MARIE                      

Mais enfin Antoine que veux-tu dire par-là, aurais-tu des soupçons sur son comportement ?

ANTOINE      

J’aimerais bien savoir pourquoi il est si prompt à me faire passer pour un mauvais fils, alors je pose la question, aurait-il lui-même quelque chose à nous cacher ?

(Silence)

MARIE          

Eh bien mon cher mari je te trouve bien silencieux soudainement, n’as-tu rien à répondre à cela ?

HUGO           

J’avoue être tellement surpris, déçu et stupéfait que les mots me manquent.

(Arrivée de Betty)

BETTY           

Papa, maman, Antoine, y aurait-il une réunion de famille ?

MARIE            

Pas exactement, c’est plutôt une distribution de coups bas et de gnons.

BETTY           

Et puis-je savoir qui sont les combattants du jour ?

MARIE          

Eh bien comme d’habitude c’est Antoine et ton père.

BETTY           

Cool ! J’arrive au bon moment, mais quand même vous auriez pu m’attendre, voir un combat entre un sénior et son fils ne se voit pas tous les jours. Bon, je me laisse aller, les paris sont ouverts et je mise sur mon père sur ce coup-là, une fois n’est pas coutume.

ACTE I – SCENE II – Hugo, Marie, Betty, Antoine.

HUGO           

            Ça me consterne de voir que ma famille est très soudée afin de bien rigoler de mes malheurs.

MARIE            

            Oh Hugo je t’en prie, vraiment tu te prends trop au sérieux, les instants de la vie sont bien trop précieux pour perdre son temps à vouloir les gâcher par des futilités, par des disputes idiotes.

HUGO           

Si par futilités tu parles de ce, vaurien, l’Oscar de l’insolence lui revient sans conteste.

MARIE            

Ce n’est pas un concours pour savoir lequel de vous deux sortira vainqueur et restera debout.

BETTY           

Mais c’est quoi le déclenchement de cette discussion ?

ANTOINE      

Ça, c’est à cause de lui, et puis de ma tenue.

BETTY           

Si je comprends bien pour quelques vêtements vous vous êtes pris la tête, mais vous n’avez rien d’autre à faire d’un peu plus important ?

ANTOINE      

C’est lui qui a commencé, c’est lui qui m’a chambré.

HUGO  

J’ai fait ce qu’un père à son fils peut faire de temps en temps, un simple compliment.

ANTOINE      

Oui mais tu vois je suis ton fils que quand ça t’intéresse et mes années de détresse, d’un seul coup disparues, comme par magie envolées.

HUGO           

Tu es prêt à me condamner, te voilà d’un coup grand seigneur, mais de quelles forfaitures suis-je donc accusé ?

ANTOINE      

Tu ne m’as jamais considéré comme ton fils et tu me fais bien du mal en aimant trop ma sœur.

BETTY           

Alors là les bras m’en tombent. Je suis carrément sidérée, pourquoi me faire passer pour la fille préférée ? Tu n’as pas l’air de souffrir d’un acte délictueux, dis-moi si je me trompe, tu n’as pas l’air vraiment malheureux.

ANTOINE                  

C’est ça prend son parti ! Ne te gêne surtout pas.

MARIE             

Mais tu vas arrêter à la fin ! C’est quoi tous ces reproches, c’est quoi ces simagrées, à t’entendre gémir on pourrait bien penser que ta famille ressemble à celle des Thénardier.

ANTOINE                  

Je voulais simplement te faire comprendre, papa, qu’en me prouvant tous les jours que je ne suis pas le fils dont tu rêvais tu n’as suscité que jalousie et douleur, en donnant ton amour qu’à maman et qu’à Betty.

HUGO           

Je suis abasourdi par tes propos acerbes et vraiment tu me donnes envie de gerber, si c’est la zizanie que tu voulais semer eh bien, mes compliments, c’est gagné mon garçon.

MARIE            

Que t’arrive-t-il Antoine ? Tu as tant de colère en toi que je ne te reconnais plus, où est passé mon fils agréable et distant, prônant la non-violence.

ANTOINE      

Alors et toi Betty, dis-moi, de tout ça qu’en penses-tu ?

BETTY           

Je vais te le dire franchement, tu ne mérites je crois qu’un bon coup d’ pied au cul.

ANTOINE      

Je vois, merci, tu sembles tout à fait acquise à la cause des parents.

BETTY           

Antoine je t’en prie arrête tes jérémiades et tous ces boniments, nous avons reçu une bonne éducation aussi, je ne vois pas très bien où tu veux en venir.

ANTOINE      

Oui Betty, nous avons reçu une bonne éducation peuplée de solitude.

BETTY           

En somme, tu es comme d’habitude.

ANTOINE      

            C’est-à-dire ?

BETTY

Tu n’es jamais heureux, c’est vrai, tu passes ton temps à grogner, à rouspéter et à penser que tu es le mal-aimé de la famille, jusqu’à t’en être complètement persuadé.

ANTOINE      

J’ai pensé naïvement qu’en tant que sœur tu pouvais avoir pour un peu de sollicitude, mais je n’ai aucune gratitude de ta part, aucun appui, et moi qui croyais que tu avais un cœur !

BETTY           

Mais bien évidemment que j’ai un cœur, et je t’assure que je t’aime sincèrement et que j’ai beaucoup de tendresse pour toi.

HUGO             

Je crains que ces discussions stériles ne débouchent sur rien, quand te rendras-tu compte que ton comportement parfaitement déplacé nous chagrine tous.

ANTOINE      

Tu veux que j’y mette un peu plus de manière, de forme, durant ta vie entière tu as délégué à maman avec son bon vouloir les forces de ta raison, les forces de ton pouvoir.

HUGO             

Parfaitement, je ne le nie pas, c’était pour la bonne cause.

ANTOINE                  

De n’être pas présent cela t’arrangeait bien n’est-ce pas !

MARIE            

Écoute Antoine, quels que soient les choses que tu aies à reprocher, à ton père et à moi tu nous dois le respect.

BETTY           

Maman a raison tu dépasses les bornes il me semble, reconnais donc tes torts tant qu’il est encore temps.

ANTOINE      

Tu es allé trop loin papa, et comme tu me l’as toujours dit, on récolte ce que l’on sème.

HUGO             

Bien, s’il en est ainsi, je crois que l’on a un véritable problème.

 

 

 

ACTE I – SCENE III – Antoine, Betty, Marie, Hugo.

 

ANTOINE      

                   Tu sais maman je me souviens de ce que tu me disais, la détermination ça permet d’avancer, c’est un moteur puissant.

BETTY           

                   Pas besoin d’être un génie pour voir que le tien est vraiment bien poussif.

ANTOINE      

                   Betty, s’il te plaît, dis-moi la vérité, ça ne t’a jamais gêné toutes ces années de pesante solitude à cause de ces sempiternelles absences, fêtes, noëls, anniversaires ?

BETTY           

C’est vrai, mais son travail l’a toujours obligé à vivre loin de nous.

MARIE            

Ta sœur a raison, comment aurait-il fait pour nourrir sa famille ?

HUGO             

                   Tu n’as jamais manqué de rien il me semble, alors pour le bien de nous tous ici, arrête de gloser.

ANTOINE      

                   Tu peux employer des mots que je ne comprends pas, mais quitte à passer pour le renégat de la famille je te le dis sans détour tu n’es pas le père que tu aurais dû être.

HUGO             

                   Je suis vraiment navré de ces accusations qui me font comme un coup de poignard et provoquent en moi une profonde indignation.

MARIE            

                   Antoine, autant d’hostilité et de hargne envers ton père me font peur.

BETTY           

                   C’est vrai que tu nous fais passer là un bien mauvais moment.

ANTOINE      

                   Ai-je été le seul à avoir passé des soirées à attendre qu’il daigne enfin rentrer ?

(Silence)

                   Ai-je donc été le seul à espérer qu’il me donne un peu d’amour ?

MARIE            

                   Arrête tout ça maintenant, tu nous mets tous franchement mal à l’aise.

ANTOINE      

Peut-être mais, c’est la réalité, à vous trois n’en déplaise.

(Silence)

BETTY           

                   Mais tout bien réfléchi ce n’est pas si sot ce qu’il dit, car quel que soit son boulot on a bien des congés non ?

HUGO             

Et où je me trouve actuellement, n’est-ce pas là avec vous ?

ANTOINE      

            Oh oui, merci papa, et grâce à toi nous passons des instants formidables !

HUGO             

  Oui je travaille, et alors ! Tout homme doit se battre pour faire vivre les siens.

ANTOINE      

            Est-ce normal que tu travailles vingt-quatre heures sur vingt-quatre ?

HUGO             

            Je suis un responsable, un élément moteur de l’entreprise, que seriez-vous devenus sans mon acharnement ?

MARIE                           

(en colère)

            Mais enfin reconnais-le Hugo, ta vie c’est le travail que tu as sanctifié, et nous, ta vraie famille qu’en as-tu fais ?

HUGO             

            Je…

MARIE            

            Tais-toi ! Tu nous as sacrifiés.

(à Antoine)

            Tu sais mon fils je pensais tes propos fallacieux mais je vois qu’il n’en est rien, en fait, tu m’as ouvert les yeux.

HUGO             

            Mais je…

MARIE          

            Tais-toi ! Mon pauvre Antoine si je t’en remercie je reste désolée de t’avoir rabaissé, j’ai été vraiment injuste avec toi.

ANTOINE      

  Tu n’es pas responsable des erreurs de mon père.

HUGO             

            Maintenant tous les deux vous allez vous taire parce que ça commence à bien faire.

BETTY           

            Mais maman, tu te laisses berner par ton fils vaniteux, tu ne comprends donc pas ce qu’il est en train de faire ?

ANTOINE      

            C’est de moi dont tu parles avec des mots si durs ?

BETTY           

            Pas autant que tes propos sur notre père.

MARIE

            Hugo, comment peux-tu m’intimer de me taire ? Je ne suis pas qu’une ombre que tu peux chasser d’un revers de main.

HUGO             

            Mais n’y a-t-il que ma fille qui soit sensée dans cette maison ?

MARIE            

            J’aimerais que tu n’oublies pas que je suis ton égale.

HUGO             

            Écoute-moi bien Marie tu n’es que ma femme, et comme toutes les femmes tu dois te soumettre à ton époux, au chef de famille, et le chef de famille c’est moi, un point c’est tout, je prends les décisions et vous obéissez, tous.

MARIE          

            (consternée)

            Et nous obéissons ! Et si nous refusons ?

HUGO             

            Alors là ce n’est pas compliqué, je sévirai.

Rideau ou obscurité

ACTE II – SCENE PREMIERE – Hugo, Marie, Betty, Antoine.

 

(Hugo et Marie sont sur scène)

HUGO             

(silence)                                                      

            Dis-moi Marie ta montre aurait-elle un problème ?

MARIE            

            Non !

HUGO             

            Comment se fait-il alors que la table ne soit pas prête ?

MARIE            

            Ah bon ! Ah bah non ! La table n’est pas prête et le déjeuner non plus.

HUGO             

            Aurais-tu l’impudence de me tirer la tête ?

MARIE            

            Tu sais ta façon de me parler eh bien même pas en rêve, parce que tu m’as parfaitement humiliée et pour ça, tu vois, je suis en grève.

HUGO                         

            Et toi tu ne m’as pas humilié en prenant sa défense ? Comment as-tu pu m’offenser de la sorte ?

MARIE            

            Il faut te mettre dans la tête que je n’obéirai jamais aux ordres que tu donnes, tout simplement parce que je suis ta femme, et pas ta bonne. Je t’ai déjà dit que je suis ta moitié et tu dois me respecter en tant que telle.

HUGO             

            C’est moi qui gagne l’argent du ménage, et toi, toi tu n’es qu’une moitié qui rapporte du vent.

MARIE            

            Ah ! Je suis une moins que rien c’est ainsi que tu me considères, tu traites notre fils de vaurien, tu lui fais la morale, tu lui fais la leçon, maintenant je comprends mieux, tu sais parfaitement de quoi tu parles !

HUGO             

            Tu oses me comparer à lui ?

MARIE            

            Un père et un mari ça n’agit pas de la sorte, répond Hugo, ce qu’il t’a reproché est-ce à juste raison ? Peux-tu répondre sincèrement ?

HUGO             

            Un fils ne peut pas provoquer son père comme il l’a fait, et une épouse doit rester dans son rôle de mère, les enfants tu te dois de les éduquer, mais aucune décision ne peut être prise sans mon consentement. 

(silence)

MARIE            

            Si c’est une blague Hugo je t’en supplie dis-le moi tout de suite !

HUGO             

            Crois-moi je n’ai jamais été aussi sérieux.

MARIE            

            Là j’avoue, je ne comprends pas, mais quelle sale mouche te pique ?

HUGO             

            Tu es aussi stupide qu’une vieille bique et aussi bornée, tu mériterais de passer quelques jours enfermée.

MARIE            

            Ma parole tu te crois encore au Moyen-Âge !

HUGO             

            C’est fou comme tu ressembles à ta mère, tu es aussi bête qu’elle.

MARIE            

            Mais enfin Hugo voyons, tu as perdu la tête ?

HUGO             

            Ma pauvre mais tu as vu la tienne, tu as vu ce qu’elle est devenue ?

MARIE            

            Là, j’ai comme l’impression que nous allons atteindre des sommets, et pour tout te dire je ne veux pas savoir jusqu’où tu peux aller.

HUGO             

            Moi je vais te dire jusqu’où toi, tu peux aller, va donc à la cuisine pour me faire à manger.

MARIE          

            Oh maintenant ça suffit ! Tu vas arrêter tes délires oui ? Elles ne me font plus du tout rire tes âneries de macho.

(s’approche de lui et lui prend les mains)

            Tu as en ce moment de bien mauvaises manières Hugo, que t’arrive-t-il tu ne te sens pas bien ? Tu as des problèmes pécuniaires ?

(il lui lâche les mains et s’éloigne)

HUGO             

            Ce qui m’ennuie beaucoup c’est que ton fils est mal élevé.

MARIE            

            Mais c’est aussi le tien, enfin ça, c’est ce qu’on dit !

HUGO           

            Marie si c’est une blague je la trouve vraiment salace et déplacée.

MARIE          

Et moi je te trouve odieux, sans aucune classe et très injuste, tu frises l’indécence en devenant insultant et si tu persistes ainsi je te préviens je vais perdre patience.

HUGO             

            Et puis alors, hein ! Que vas-tu faire, pleurer, trépigner, claquer la porte ?

MARIE          

            Tu sais quoi Hugo, va te faire voir ! Et que le diable t’emporte !

(silence) (retour de Betty et d’Antoine)

BETTY         

            Maman que se passe-t-il ? Comment tu vas ? Ma parole mais tu trembles !

MARIE          

            Vous savez les enfants notre vie n’a de sens que si l’on est ensemble. Ensemble et heureux mais ce n’est plus le cas, votre père a changé mais voilà, je ne sais pas pourquoi.

HUGO           

            Allez-y parlez donc comme si j’ n’étais pas là, bande d’ingrats, et après on se demande d’où viennent tous mes problèmes !

BETTY         

            C’est vraiment trop vous demander de vouloir faire la paix ?

HUGO           

            Tout ça est épuisant, pour la peine je m’en vais faire un tour.

ANTOINE    

            Non attend avant de t’enfuir j’aimerais vous présenter quelqu’un, c’est ma petite amie. (il sort)

 

ACTE II – SCENE II – Hugo, Marie, Betty, Antoine, Sophie.

 

HUGO           

            Quoi, toi tu as une petite amie ! Bon sang les bras m’en tombent.

MARIE          

            Maintenant je comprends le parfum, et puis la belle tenue.

HUGO           

            (à Betty)

Et toi tu le savais que ton frère fréquentait quelqu’un ?

BETTY         

            Et pourquoi cette question ça t’intéresse maintenant, depuis quand t’es-tu humanisé ?

HUGO           

            C’est à moi que tu parles ? Et moi qui te voyais comme une fidèle alliée.

BETTY         

            Ce que j’ai entendu tout à l’heure m’a glacé le sang, tu as traité notre mère comme une véritable souillon.

HUGO           

            Mais ta mère n’est rien d’autre qu’une traînée sans hayons, rien qu’une bourgeasse ratée, une pauvre femme sans avenir et sans ambition.

MARIE          

            Je te déclare Hugo premier roi des salauds.

BETTY         

            Force est de constater qu’Antoine avait raison tout à l’heure, tu es toujours absent, et dès que tu es là c’est pour être extrêmement méchant.

HUGO           

            Cette fois c’est décidé je m’en vais prendre l’air, j’ai besoin d’être loin de vous pour mieux réfléchir.       

(il sort)

BETTY         

            J’ai rêvé ou vraiment nos rapports se sont complètement dégradés ?

MARIE          

            Ce n’est rien de le dire, je ne sais pas ce qu’il a, il est peut-être malade ?

BETTY         

            Oui mais pour nous dire des vacheries il ne l’est pas.

MARIE          

            Je pense malheureusement qu’il se passe quelque chose de pas net dans sa vie.

(Antoine revient avec sa petite amie Sophie)

ANTOINE    

            Voici ma p’tite amie, je vous présente Sophie, voilà, je vous annonce que c’est avec elle que je veux faire ma vie.

(silence)

BETTY         

            Salut, je suis sa sœur, Betty.

SOPHIE       

            Ah oui, salut Betty.

ANTOINE    

            Et là voici ma mère.

MARIE          

            Je suis honorée.

SOPHIE       

            Je ne savais pas qu’Honoré avait un féminin !

MARIE          

            Non, je suis honorée de vous connaître, je m’appelle Marie. Allez asseyons-nous, nous allons fêter l’événement, même si cette bonne nouvelle ne me rajeunie pas.

SOPHIE       

            Vous paraissez si jeune, j’ai eu le sentiment de voir une sœur d’Antoine, et non pas sa maman.

MARIE          

            Antoine cette fille me plaît car elle est très lucide, elle me fait oublier mes rides et ma peau sèche. Je plaisante. Blague à part vous mentez parfaitement bien mais votre éducation me semble bonne, assurément.

SOPHIE       

            Je vous assure que chaque mot que j’ai dit je les pensais vraiment, je ne mens que rarement, et jamais je ne triche.

ANTOINE    

            Je t’assure Sophie que ma mère n’a pas voulu t’agresser.

MARIE          

            C’est exact, et je n’ai pas voulu vous froisser.

SOPHIE       

            Ah mais je n’ai rien ressenti de tel ! C’est moi qui suis navrée de parler un peu trop.

MARIE          

            Non, ne vous excusez pas, la franchise n’est pas un défaut.

BETTY         

            Bon alors sa copine, tu fais quoi dans la vie ?

SOPHIE       

            Eh bien j’ai ma propre boutique, je vends de la lingerie, de la lingerie fine, ainsi que des accessoires de mode au féminin.

BETTY         

            Cool ! Et tu fais dans le grand chic ou le super coquin ?

ANTOINE    

            Betty ça ne va pas de poser ce genre de questions ?

BETTY         

            Ben quoi ! Où est le mal de demander des précisions sur ce qu’elle vend ? C’est tout à fait normal de vouloir savoir ce qu’elle fait, ce que tu es vieux jeu !

ANTOINE    

            Moi, je ne suis pas vieux jeu, je veux juste la préserver.

BETTY         

            La préserver ! Mais de quoi ? Elle n’est pas en danger il me semble !

SOPHIE       

            Antoine je t’en prie, ne fait donc pas comme ça ta p’tite tête d’épagneul, tu sais les problèmes je sais les affronter toute seule, et ici en l’occurrence moi je n’en vois aucun, tu n’as nul besoin de prendre ma défense.

ANTOINE    

            D’accord, si tu le prends comme ça n’en parlons plus.

MARIE          

            Antoine, je ne te connaissais pas cet air de chien battu !

ANTOINE    

            Non vraiment tout va bien, je voulais simplement que Sophie ne soit pas crispée à cet instant qui me semble important.

SOPHIE       

            Oh ça, que c’est mignon ! Mais vraiment, ne t’en fait pas pour moi !

ANTOINE    

            Et puis je n’ai pas une tête d’épagneul.

MARIE          

            Un petit peu quand même ! Et votre première rencontre, allez, racontez-la !

SOPHIE       

            Ça s’est produit comme des millions de gens sur cette planète, tout simplement grâce à notre clavier, un soir sur Internet.

MARIE          

            Ah oui ! C’est un peu décevant, je m’attendais à mieux.

SOPHIE       

            Mais que voulez-vous dire, que ce n’est pas sérieux de se rencontrer de cette façon ?

MARIE          

            Non ce n’est pas ça mais le vrai charme de la drague, le frisson de l’approche, le cœur qui s’emballe, de passer à côté de ces instants je trouve cela dommage, qu’on ne peut pas connaître avec un « AZERTY ». Aujourd’hui pour avoir une touche et s’emballer il suffit d’en toucher une, et d’être connecté.

BETTY         

            Oui maman, c’est le monde moderne où toi-même tu habites, le matin on se plaît et le soir on se quitte, nous n’avons pas de temps à perdre avec des futilités.

MARIE          

            Moi, quitte à faire démodée je préfère l’ancien.

ANTOINE    

            L’ancien et le nouveau ne sont pas si éloignés, il y aura toujours des laids et des beaux, des gens qui rient et des malheureux, un coup de cœur éphémère, un amour pour la vie, que ce soit dans la rue ou dans un bar ou bien sur un clavier ce qui compte avant tout c’est de trouver l’amour, et tenter de le garder.

 

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Date de dernière mise à jour : samedi, 16 Juin 2018

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